Histoire erotique Histoires taboues et histoires de sexe Récit érotique

Histoire érotique La croisière de Marie-Claude et Michel 10

La sortie en bateau et le soleil chauffent la peau de deux jeunes filles
Teste le sexe au téléphone avec une vraie femme chaude : Voir les profils des femmes disponibles

Histoire érotique Une année passe, l’année de mes cinquante ans. La mauvaise surprise nous vient de Muriel. Les jeunes font des études brillantes avec d’excellents résultats, mais ce week-end, Muriel revient chez nous avec l’air sombre pour nous annoncer sa rupture avec Gilles. Celui-ci a recommencé à coucher avec d’autres femmes, soi-disant pour faire des expériences. Muriel a encaissé comme elle a pu le discours de Gilles sur sa maîtrise de son corps, ses choix que personne ne fera à sa place. Pourtant, l’amour qu’il a continué à lui montrer l’a plus ou moins aidé

Seulement un jour, elle est rentrée au petit matin après avoir passé la nuit avec Léon, le meilleur ami de Gilles. Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Gilles lui a crié qu’elle le faisait plus souffrir qu’elle ne lui apportait de bonheur. Si elle s’en prenait à ses amis, autant qu’il distribue des numéros à ses potes pour baiser sa copine ! Tant qu’elle se contentait d’étrangers, il était sûr de ne jamais les revoir, mais là, Léon sera toujours en face de lui pour lui rappeler qu’il a sauté la femme de sa vie. Il n’en pouvait plus. Gilles n’a pas pris la mesure de la douleur de Muriel, elle est restée campée sur ses positions, sûre d’avoir raison. Et Gilles lui a demandé de partir de chez lui. Elle a dû trouver un point de chute, sa chambre avait été rendue depuis longtemps. Gilles ne voulait pas savoir comment elle faisait, il pensait qu’elle était chez un de ses amis. Il ne voulait pas savoir où. Depuis quinze jours, elle restait prostrée chez lui, s’immergeant dans le travail et c’était sa première sortie depuis la rupture. Gilles n’a pas tenté de la rappeler.

Nous avons été déçus, nous aimions beaucoup le jeune homme et malgré le très jeune âge des tourtereaux, le couple semblait tellement bien assorti qu’on ne pensait pas à une séparation. L’autre coup de Trafalgar vient de Bordeaux. C’est aussi une séparation. Cette fois, ce sont Isabelle et Noël qui reprennent leur liberté. Nous allons à Bordeaux le week-end prochain, nous aurons des précisions là-bas. J’espère que ça ne va pas continuer comme ça !

Muriel a beaucoup pleuré dans le giron de sa mère. Nous l’avons entouré le plus chaleureusement possible, elle a convenu de venir avec nous à Bordeaux. Nous parlons énormément sur le sens de la vie et la douleur de l’absence. Elle l’aime encore, c’est sûr. Pourtant, elle repart un peu rasséréné. Le vendredi suivant, nous partons à Bègles, chez Katia et Jean-Claude. Marie-Claude est exubérante, elle ne peut cacher sa joie de retrouver son amant favori, j’en serais presque jaloux. Elle finit par s’en rendre compte et me fait, pendant le trajet en voiture, un numéro de chatte amoureuse qui amuse beaucoup Muriel, mais qui me fait du bien. Moi aussi, au seuil de mes cinquante ans, j’ai besoin d’être rassuré. À notre grande surprise, ce sont nos quatre amis qui nous attendent à l’arrivée. Isabelle nous explique qu’ils ne sont pas fâchés l’un contre l’autre, mais que c’est plutôt une forme d’usure de la vie à deux qui les a conduits à se séparer. Ils se retrouvent quand même régulièrement et continuent de coucher ensemble de temps en temps, mais comme amants et non plus comme couple établi.

Ils compatissent pour la pauvre Muriel et envisagent une consolation toute spéciale pour après le dîner. De fait, le début de soirée se passe entre moi, Marie-Claude, Jean-Claude et Noël. Nous discutons tranquillement en dégustant une fine pendant qu’Isabelle et Katia ont emmené Muriel dans une chambre sous prétexte d’un massage. Je suis content pour ma fille, nous sommes là pour tout un week-end, on aura le temps plus tard de se faire plaisir aussi. De plus, Jean-Claude et Noël sont des personnes cultivées, amateurs de musique, de cinéma et de lecture comme nous et nous passons un très bon moment. Lorsqu’elle réapparaît, Isabelle vient se mêler à la conversation et nous vante les qualités amoureuses de Muriel.
« Ta fille est vraiment incroyable, Marie-Claude ! Elle allie une force physique et une résistance qui lui viennent de son père, avec une tendresse mélangée de douceur et de perversité qui lui viennent nettement de sa mère. C’est un bonheur de faire l’amour avec elle, j’aime beaucoup. Je crois que Katia aussi. En plus, elle retrouve en lui un peu de Michel et on sait tous qu’elle a un faible pour lui.

« Oui, c’est dommage qu’elle ait quitté Gilles, c’est un garçon formidable et leur séparation m’a fait de la peine. »

« Et Léa que devient-elle ? »

« Tu l’appréciais tant que ça, Léa? Toi, en tout cas, tu lui plaisais beaucoup ! Vous vous souvenez de ses cris quand Michel la baisait à Paris ? Elle a dû réveiller tout le quartier ! Pourquoi est-ce qu’elle ne vient plus? »
Muriel répondit que Léa s’est mise en couple avec Gilles ; et ce dernier :

« Ne s’habituait pas à sa manière de revendiquer son droit à disposer de son corps sans lui en parler avant. Elle aime trop l’indépendance du sexe pour accepter qu’il lui fasse des remarques sur ses amants.
« Une fille trop gourmande ? »

« Peut-être, mais ils sont si jeunes ! À dix-neuf ans, comment s’engager pour la vie sans quelques essais en parallèle ? Tant qu’elle se contentait de gars qu’il ne connaissait pas, il a enduré. Par amour, il la laissait faire, mais il en souffrait déjà. Elle n’a rien vu venir. Dans son esprit, c’était normal qu’elle fait des essais, si lui n’en avait pas envie, c’était son problème. Il a craqué quand elle a couché avec son meilleur ami. L’idée que le garçon qu’il voit le plus souvent lui était passé dessus l’a rendu fou. Il a été incapable d’exposer calmement ses griefs, il a crié, elle a répondu de la même manière et il lui a dit de quitter son appartement. Elle est partie chez un de ses amants. Il aurait fallu qu’ils se rencontrent plus tard, quand ils auraient eu un peu d’expérience.
« Elle reviendra peut-être ? »
« Je ne sais pas. Pour lui, c’est dur de supporter ses envies d’ailleurs, il l’aime trop. »
« Je le comprends très bien. »

C’est la voix de Noël qui vient d’interrompre le dialogue entre Isabelle et moi. Il semble amer. Isabelle a dû le faire souffrir aussi, même s’il continue de la voir, le fait de ne plus vivre avec elle doit lui rendre ses absences moins douloureuses.
Le week-end se passe très bien, Muriel a été choyée, ça lui a fait du bien. Marie-Claude et moi avons échangé à propos de nos amis, le fait est que, si nous aimons bien Isabelle et Noël, nous avons un attachement profond pour Katia et Jean-Claude. La deuxième nuit, je l’ai passée avec Katia, seule. Honnêtement, s’il n’y avait pas Marie-Claude, je ferais tout pour l’arracher à Jean-Claude. Je suis tout près de l’aimer vraiment. La situation est la même pour Marie-Claude et Jean-Claude. Il est dommage que nous habitions si loin, nous aurions pu vivre tous les quatre ensemble. D’un autre côté, la distance et du coup, la rareté de nos retrouvailles, en fait le prix.

L’année passe, Muriel réussit ses examens. Mon problème actuel, c’est que l’entreprise que j’ai lancée il y a maintenant trois ans ne décolle pas, j’ai certainement fait une erreur d’appréciation, j’ai du chiffre d’affaires, mais pas de rentabilité. Je vais mettre en vente, on verra bien. En effet, quelques semaines plus tard, grâce au bon chiffre d’affaires, j’en tire une valeur tout à fait correcte, qui me rembourse mes apports et me paye de mes efforts sur ces deux années. L’acheteur est sûr de développer et de gagner gros à la fin. J’ai décidé de me mettre un peu au vert et de m’occuper de ma chère et tendre, après tout, nous dépensons peu et ses revenus nous suffisent. Moi, j’ai toujours de côté l’argent de la vente de ma première société.

Muriel ne vient plus beaucoup nous voir, elle s’est trouvé une petite Aliciatte qui est d’origine asiatique et avec qui il semble installé. Elle nous a dit avoir eu pas mal d’aventures, Gilles avait dit beaucoup de bien d’elle à ses copines et plus d’une a voulu se rendre compte de plus près. Sa petite asiatique est française, d’origine thaïe et s’appelle Jade. Elle est venue avec elle, il y a quelques semaines. Elle est charmante, petite, toute fine. Voilà que notre fille est devenue lesbienne ou bisexuelle ? Ils ont l’air bien ensemble, mais Marie-Claude m’a dit dès le dimanche soir après leur départ que ce couple-là ne durerait pas. J’ai tendance à lui faire confiance, il lui arrive d’avoir des intuitions quasiment extralucides.

Marie-Claude se plaint de mes petits plats, elle trouve que je la fais trop manger. À quarante-six ans, c’est une femme magnifique. Son corps s’est peut-être légèrement empâté, ses seins subissent un peu plus les effets de l’attraction terrestre, mais ça lui donne une maturité et une sérénité qui me la font aimer encore plus qu’avant.
Un soir de novembre, la nuit est tombée et nous prenons un petit verre de vin blanc au coin de feu avant de passer à table. La sonnette de l’entrée retentit. Je me lève, un peu surpris, car nous n’attendons personne et je vais ouvrir pour trouver Léa sur le pas de la porte. Je la regarde mieux et je vois plein de petits signes de mal-être qui me mettent en alerte.
« Léa! Bonsoir, entre vite, il fait un froid de canard dehors. Qu’est-ce qui nous vaut le plaisir de ta visite ? »

Alors qu’elle passe près de moi, je remarque quelle traîne un gros sac genre trekking. Elle s’avance vers la salle de séjour et pose ses affaires. Marie-Claude s’est levée et vient vers nous.
« Léa? Ça va ? Viens t’asseoir. »
Léa ne va pas jusque-là, elle s’écroule dans les bras de Marie-Claude et éclate en sanglots. Marie-Claude la serre contre elle et essaie de la calmer, mais la crise de larmes se transforme presque en crise de nerfs, comme si son corps lâchait prise en se sentant en sécurité. Je la prends dans mes bras et nous allons dans le salon l’allonger sur le grand canapé. Je me rends compte qu’elle est glacée ; je veux tourner le canapé face au feu, mais elle ne veut pas me laisser m’écarter, sa main cherche aussi Marie-Claude. Nous l’entourons d’un plaid molletonné et restons près d’elle pendant près d’une demi-heure. Enfin elle a l’air de récupérer. Je lui demande doucement :
« Tout d’abord, tu es la bienvenue ici. Chez nous, tu ne crains rien. Veux-tu me dire pourquoi tu es venue jusqu’ici ? Nous n’avions plus de nouvelles depuis plus d’un an. »
Elle respire encore fortement. Elle prend deux ou trois grandes aspirations et se lance.
« C… C’est dur, je n’ai plus personne, j’ai tout gâché. J’ai perdu Gilles, mes amis, mes parents m’ont chassée. Le type chez qui je vivais m’a mis dehors. Je n’ai plus rien ni plus personne, si vous ne voulez pas de moi, je comprendrai.

Marie-Claude prend la parole.
« Michel t’a dit que tu es la bienvenue chez nous. C’est vrai. As-tu faim ? Le repas est prêt. Ensuite, tu pourras te laver pendant que je prépare ta chambre. »

« Je ne sais pas comment vous remercier. Oui, peut-être manger un peu. »

Elle a dévoré. En sortant de la salle de bains, enroulée dans sa serviette, elle me paraît plus maigre qu’avant. Nous n’essayons pas de lui poser de question, Marie-Claude pense qu’il faut la laisser venir. De plus, elle a l’air épuisée, nous lui proposons d’aller dormir. Elle disparaît à l’étage. Deux heures plus tard, nous nous couchons et lisons tranquillement avant de dormir. Nous avons la surprise de voir Léa entrer dans notre chambre, l’air tout penaud, et nous demander :

« Est-ce que je peux venir avec vous, dans votre lit ? Ce n’est pas pour le sexe, juste pour un réconfort, je n’arrive pas à m’endormir en restant seule. »

« Viens ma belle, viens entre nous. »

Marie-Claude ne m’a même pas consulté. Léa se glisse dans notre lit et se serre dans les bras de Marie-Claude.
« Merci. Vous êtes si gentils. »

« Essaie de dormir, maintenant. Tu veux qu’on éteigne ? »

« Non, non. Ça va, je suis fatiguée, je vais dormir. Je ne vous dérange pas trop ? »

« Ce n’est pas la première fois que tu dors avec nous. Ne t’inquiète pas, c’est le week-end, on n’a pas d’obligation. Dors. »

Elle a plongé en cinq minutes. Nous nous sommes regardés, avons éteint la lumière et nous sommes endormis aussi. Au matin, c’est avec ravissement que je me réveille avec le corps de Léa lové contre le mien. Ça me rappelle des souvenirs, mais je ne sais pas ce qu’elle a vécu depuis deux ans, ce serait mal venu de lui sauter dessus. Je regarde l’heure à mon portable. Neuf heures. Je décide que c’est trop tôt pour réveiller mes deux merveilles. Je descends, je lis un peu dans le salon avant de préparer un petit-déjeuner complet, je mets tout sur un plateau et je remonte dans la chambre où l’odeur de café frais a vite fait de faire émerger Marie-Claude. Léa finit par bouger en nous entendant parler à mi-voix. Elle se réveille tout à fait pour se précipiter au petit coin, passe par la salle de bains et revient se coller à Marie-Claude pour un petit-déjeuner au lit. Nous mangeons rapidement et nous réinstallons dans le lit, Léa bien serrée entre nous deux. Je reconnais que la situation m’excite un peu, mais je pense toujours que ce n’est pas de cela qu’elle a besoin. Après quelques minutes de généralités, Marie-Claude lui demande si elle veut nous parler de ses problèmes.
« Dis-moi ma chérie, tu as dit hier soir que tes parents ne voulaient plus te voir. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour en arriver là ? »

« Ah. Ben oui, vous ne savez rien depuis ma rupture d’avec Gilles. C’est un peu long, j’ai peur de vous embêter. »

« Ne t’inquiète pas, on a tout notre temps. Qu’est-ce que tu as fait quand tu es partie de chez Gilles?

« Je suis partie habiter chez Aurélie, une amie commune avec Gilles. Je n’ai pu rester qu’un mois, c’était trop petit, chez elle. Je suis partie pour aller chez Joe, un de mes amants. J’avais commencé à travailler chez Mc Do pour pouvoir me prendre une location, mes parents ne pouvaient m’aider qu’à hauteur d’un demi-loyer et je pensais ne rester qu’un mois ou deux au Murielimum chez lui. Il a voulu en profiter, il me baisait tant qu’il pouvait, ce qui ne me gênait pas vraiment, c’est plutôt un bon amant, mais un jour, il est venu avec un copain ! Ils voulaient faire un trio, sans m’en avoir parlé avant, bien sûr. Quand j’ai refusé, Joe a commencé à me parler de ce que je lui devais pour m’héberger, que ce serait mal venu de refuser un petit service quand il en avait besoin, qu’il s’était engagé avec son pote et qu’on ne pouvait pas revenir en arrière, etc. Je pense qu’il avait vendu le trio au copain et qu’il ne voulait surtout pas avoir à le rembourser. J’ai été faible, j’ai accepté. Fallait que je reste encore un peu chez lui pour avoir les moyens de trouver une chambre. Ça a duré quatre mois, je n’ai rien trouvé, la garantie de mes parents n’était pas suffisante et ma situation trop précaire. J’avais honte, je me prostituais pour me loger. Pour être tout à fait honnête, ça n’a pas été désagréable, la clientèle de Joe, c’était des potes de notre âge, certains baisaient très bien et j’aime toujours autant ça.

Un type m’a parlé un jour d’une communauté qui fonctionnait sur la base d’une liberté totale entre les membres. Il y avait des couples, mais tous couchaient avec tous les autres sans jalousie ni préjugés. Ils cherchaient un membre féminin pour compléter leur effectif. Je suis allée les voir. C’était en banlieue, une maison qui appartenait à l’un des membres et dans laquelle se croisaient sept couples dont les âges variaient de vingt-deux à quarante ans. Ils ont été super sympas et m’ont accueillie à bras ouverts. Le propriétaire m’a fait visiter. C’était grand, mais pas assez pour le nombre de personnes qui vivaient là. Deux chambres servaient de dortoir avec des lits superposés, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes. Les tâches étaient réparties de manière régulière suivant un tableau affiché dans la cuisine. Certains s’occupaient plus du linge et du ménage, d’autres des repas, seul Alfredo, le propriétaire, s’occupait du ravitaillement. L’argent était géré par un groupe de trois personnes désignées à la majorité et qui changeait tous les six mois.

Les contributions de chacun étaient volontaires, en fonction des revenus. Je calculais qu’un peu plus de la moitié de ce que je gagnais à Mc Do passerait dans la caisse commune. Enfin, tout le monde pouvait faire l’amour à qui il voulait, pourvu que les deux soient d’accord et le nombre de participants ne dépendait que du bon vouloir de ceux qui avaient commencé. S’ils voulaient rester entre eux, on ne le dérangeait pas, s’ils étaient OK, on pouvait se joindre à eux et participer. J’ai accepté de faire un essai, je suis venue m’installer et tout s’est bien passé. Le sexe tenait une place prépondérante dans les rapports entre les membres, comme les trois chambres doubles avaient un système de réservation pour des couples voulant passer une nuit ensemble, ceux qui dormaient en dortoir se défoulaient dans la journée au gré de leur humeur. J’ai beaucoup aimé cette liberté du corps, ça donne l’impression qu’on est vraiment maître de sa vie et de ses choix. Le jour de mon installation, ils ont fait une petite fête dans la salle commune qui a évidemment rapidement dégénéré en orgie.

J’ai d’abord été entreprise par Joe, il était beau, brun, de taille moyenne et les traits d’une statue grecque. Tous les autres faisaient le cercle autour de nous, Joe m’embrassait doucement et ses mains se sont glissées sous mon tee-shirt. Il a commencé à me caresser, mon soutien-gorge a rapidement été ouvert et ses doigts ont commencé une véritable sarabande sur mes tétons et mon ventre. Ma jupe a disparu comme par magie et ma culotte aussi. Je l’ai déshabillé aussi, je commençais à être bien excitée, j’ai découvert un sexe de bonne taille, déjà bien bandé auquel j’ai consacré toute mon attention. Il a aimé ma fellation, puis m’a fait remonter, m’a allongée sur la table et m’a prise après s’être protégé. Tous les rapports sexuels sont obligatoirement protégés dans la communauté. Il a soulevé mes jambes pour s’enfoncer plus profondément et a commencé à me limer sous les commentaires des autres, toujours rassemblés autour de nous.
Il a éjaculé assez vite, j’ai été surprise, je n’avais pas eu le temps de jouir. Il m’a demandé si je voulais continuer, j’ai accepté. J’étais restée sur ma faim, il m’avait bien excitée, le salaud et de sentir les autres autour me rendait folle. Il a été remplacé par un autre homme, puis un autre. Ils m’ont baisée tous les sept, dans tous les sens, quelquefois un dans la chatte et un dans la bouche. Ça, j’ai eu le temps de prendre mon pied, et même plusieurs fois. J’ai été léchée par des femmes aussi, mais j’ai refusé la sodomie.

Nina, la copine de Joe, m’a dit que j’avais tort, qu’elle me montrera et que je finirai par aimer ça. Tout le monde baisait dans toute la pièce, deux couples ont fini par s’isoler, l’ambiance était torride. J’ai adoré. Je suis restée plus d’un an là-bas. C’était vrai qu’on couchait avec qui on voulait et quand on voulait, mais quelquefois les intrusions dans la pièce pendant un moment très romantique cassaient l’ambiance et nous foutaient un peu en rogne. On faisait ça dans le jardin aussi, je suis sûre que les voisins en profitaient.

Nous avions mauvaise réputation dans le quartier, plusieurs fois des hommes sont venus sonner pour savoir si c’était là qu’il y avait des putes ! Un jour, en mars, nous sommes allés tous passer un check-up pour se tester et vérifier qu’on n’avait pas d’infections ou de MST. Tout le monde était clean, pas de soucis. Un matin, il y a eu un tirage au sort pour un travail. Comme c’était la première fois, j’ai été exemptée. Cinq des membres de la communauté, quatre femmes et un homme sont partis pour un rendez-vous. J’ai demandé à Nina quel rendez-vous c’était et elle a répondu assez évasivement que c’était pour du boulot. J’avais abandonné la fac à ce moment et je travaillais en trois quarts de temps chez Mc Do. J’ai proposé ma participation pour le travail en question. Elle a simplement dit « On verra ». J’avais un bon contact avec Alicia, la plus jeune des filles (avant mon arrivée), je lui ai posé la question, quel travail est-ce qu’ils allaient faire et pourquoi je ne pourrais pas y aller ? Alicia a rigolé et m’a répondu que je ne me sentirais peut-être pas pour ce travail-là.
« Parles-en à Joe, il t’expliquera. C’est lui qui nous a trouvé ce plan foireux. »

Joe n’étant pas dans le coin, j’ai abordé Henri. C’était l’aîné du groupe, il a quarante et un ans. J’aimais bien coucher avec lui, mais aussi passer du temps près de lui, il était drôle, faisait tout le temps des blagues idiotes aux autres et était toujours de bonne humeur. Sa copine m’avait d’ailleurs fait une réflexion sur notre prétendue intimité, dans le genre – tu baises avec lui tant que tu veux, mais tu me le laisses dans la journée, merci. J’avais fait attention et tout était rentré dans l’ordre. Bref, je vais voir Henri et je lui demande.
« C’est quoi, le boulot que sont partis faire les cinq désignés de ce matin ? »
Henri n’a pas fait de blague ou de jeu de mots, il s’est assis pour me parler.
« Viens là, viens t’asseoir. Bien. Les sommes que nous donnons tous les mois ne suffisent pas à faire vivre la communauté. Certains ont du mal à donner ne serait-ce que le minimum requis. Il faut donc que nous trouvions d’autres revenus. C’est pourquoi il y a des caméras dans les chambres et dans la grande salle. Elles sont reliées au bureau. »

« Des caméras ? »

« Oui, elles sont discrètes, mais il y en a trois par pièce, dissimulées dans les rideaux, sur des étagères ou dans des appareils modifiés. Dans la chambre deux, le réveil est une caméra discrète. La communauté a un blog sur la toile ou des internautes peuvent s’abonner, se brancher et suivre nos ébats. Ça a bien fonctionné au début, mais maintenant, les internautes voudraient des caméras dans les douches, dans toutes les pièces sans exception, des caméras capables de prendre des gros plans, etc. La communauté a voté contre. Mais nos revenus ont baissé un peu, il a fallu trouver autre chose. »

« Tu es en train de me dire qu’à chaque fois que j’ai fait l’amour, c’était en ligne sur internet ? »

« Oui, tu es très belle, donc très suivie. Je te montrerai. »

« Je ne suis pas sûre d’en avoir envie. »

« Je sais que tu aimes bien baiser dans le jardin, pourtant tu sais que les voisins matent. Je suis sûr que tu as un fond exhibitionniste, ça devrait t’exciter plutôt qu’autre chose. »

« Eh bien, j’en apprends des choses. Mes rapports sexuels sont suivis par internet et je suis exhibitionniste ! »

« Pour en revenir à nos comptes, il a fallu trouver d’autres revenus. Joe avait un contact avec un gars qui trouvait notre blog sympa. Il nous a proposé d’en faire un film. Porno, bien sûr. On croyait que tourner un porno entre nous ne nous changerait pas beaucoup du fait de baiser devant des caméras de surveillance. Ça n’a pas été si simple. Dans une scène de porno, le metteur en scène te guide presque tout le temps, tu te mets dans un sens, dans l’autre, ton plaisir ne compte pas, les femmes doivent faire semblant et être crédibles et les hommes éjaculent séparément dans une scène spéciale pour ça. Ça a duré cinq jours de tournage, le résultat a été médiocre, mais on a touché cinq mille euros ! On n’en revenait pas. Le producteur nous a demandé de venir pour d’autres productions. Au début, on restait entre nous pour faire nombre, et puis les filles se sont rapprochées des acteurs masculins, les gars des actrices et on est devenus acteurs pour films pour adultes. On en fait deux par mois en moyenne, mais depuis que tu es là, on a calmé le jeu pour te donner le temps de t’insérer. Joe m’a demandé de tout t’expliquer aujourd’hui, il savait que tu poserais des questions. »
J’étais pétrifiée, je ne disais plus rien. Mon silence a inquiété Henri.
« Ça va ? Ne t’inquiète pas, Léa. Si tu ne veux pas y aller, on ne t’obligera pas, ce n’est pas notre style. C’est ta décontraction face aux choses du sexe qui nous a fait penser que tu pourrais t’y habituer et peut-être participer. Belle comme tu es, ce serait un vrai plus pour nous.

J’avais besoin de réfléchir, je l’ai planté là et je suis remontée dans le dortoir des filles, heureusement vide à cette heure. Actrice porno ! C’était ça qu’il fallait que je devienne pour vivre dans cette communauté. C’est dur, quand on aime le sexe multipartenaires, ça dérape donc toujours vers la prostitution ou la pornographie ! En fait, j’étais déjà actrice porno depuis que j’étais là. Dès le premier soir et la première partouze !
Quand on n’a pas envie de changer ce qu’on est, on est capable d’efforts d’adaptation incroyables. J’ai digéré. Alicia m’a expliqué que c’était trop dur pour elle et qu’elle ne baisait qu’avec des membres de la communauté, jamais avec des acteurs. J’ai participé. J’ai fait douze tournages. C’était très dur avec les acteurs, certains ont des sexes énormes qui me faisaient un mal de chien. D’autres étaient brutaux, c’était bestial, horrible. On tournait avec des lubrifiants pour ne pas se faire trop mal. Henri avait raison, j’ai été très demandée. Pourtant, mon refus de la sodomie me pénalisait. Je retournais de temps en temps voir mes parents, tout en leur cachant mon mode de vie.

Un jour, mon père m’a appelée par téléphone et m’a littéralement ordonné de rentrer à la maison. J’ai eu droit à un jugement digne d’un tribunal d’exception. Un ami de mon père a attiré son attention sur un film porno ou j’apparais sur la jaquette. On me reconnaît sans problème. Mon père a exigé des explications, j’ai eu le malheur de reconnaître que ce n’était pas un sosie. Il m’a interdit de remettre les pieds à la maison ou de tenter de reprendre contact avec eux. Je ne faisais plus partie de sa famille.
Léa renifle, des larmes débordent de ses yeux et coulent sur ses joues.

« Maman n’a rien dit. Quand je suis partie, elle m’a regardé tristement et m’a fait un petit geste de la main. Le lundi, elle m’a téléphoné et m’a expliqué qu’elle allait essayer de calmer papa et de me permettre de m’expliquer. Depuis, j’attends un nouveau coup de téléphone, mais l’indignation est une caractéristique de mon père, pas le pardon. Ces histoires avec les films ont duré sept mois, et puis j’ai pris conscience que le tirage au sort était truqué, j’étais de plus en plus souvent désignée. À la fin, j’allais à tous les tournages, ça devenait insupportable. Lundi dernier, je me suis rendu compte que je n’avais pas eu mes règles depuis un peu trop longtemps, presque deux mois en fait. J’ai fait un test. Je suis enceinte. J’imagine qu’une capote a dû se déchirer, je ne sais pas. Je ne sais pas qui est le père, j’ai entre sept et dix partenaires par semaine suivant les tournages. Je ne savais pas à qui m’adresser, j’ai appelé ma mère et manque de pot, mon père était là. J’ai entendu le début d’une dispute avant que ça ne coupe. J’ai finalement parlé avec Alicia, je croyais qu’elle me donnerait une idée ou un choix à faire. Elle s’est contentée de rapporter ça à Joe. Il a réuni illico presto une réunion d’urgence, m’a accusée de les avoir trahis en baisant sans protection. Il a dit :

« Si Léa fait un test et se révèle clean, il suffira qu’elle fasse sauter le passager clandestin. J’ai une solution pour ça, quelqu’un que je connais au planning familial. Sinon, elle ne peut pas rester.

Tous les autres ont été d’accord avec ça, je dis bien tous. Même Alicia et Henri. J’étais écœurée, je les ai accusés de truquer les tirages au sort, ça faisait cinq films de suite que j’étais désignée ! Je savais que sans moi, le cachet était moins généreux. Joe a piqué sa crise, finalement, il m’a dit de préparer mes bagages. Mardi, j’ai dormi chez une copine qui m’a accueillie pour une nuit. Mercredi soir, je n’ai trouvé personne, j’ai dormi dans la rue. Hier soir, je suis allée dans un centre d’hébergement. Ça s’est bien passé, mais quelqu’un m’a dit que mon PC portable avait été repéré et que si je restais une nuit de plus, il me serait volé. C’est là que j’ai pensé à vous, je ne savais pas comment vous alliez m’accueillir, mais j’avais de l’espoir. J’ai peur pour l’avenir, maintenant, et je suis enceinte !
Léa s’est remise à pleurer dans les bras de Marie-Claude. Ça ne dure pas, elle se rallonge et se rendort rapidement. C’est du Zola son histoire ! Je regarde Marie-Claude, nous quittons discrètement la chambre pour le salon. Il est temps d’avoir une discussion et de décider ce que nous allons proposer de faire pour aider Léa.
« Eh bien, tu parles d’une descente aux enfers ! Qu’est-ce que tu en penses ? On ne peut pas la laisser gérer ça toute seule, tu crois que tu pourrais appeler son père ? Laure semble vouloir l’aider, non ? »

Nous connaissons peu Laure et Luc, les parents de Léa. J’ai peur que la situation ne soit compliquée. Ça ne sert à rien d’attendre, il est dix heures, un samedi matin, ils doivent être réveillés, Marie-Claude prend son téléphone.

« Allô Luc, bonjour, c’est Marie-Claude M… à l’appareil. Oui, la mère de Muriel. Comment allez-vous ? Je ne vous dérange pas ? Je vous appelle à propos de Léa. Oui, elle est chez nous. Quoi ? Non, je voulais vous rassurer, elle ne court plus aucun risque… Attendez… Oui, je sais, elle nous a raconté, mais ce n’est pas entièrement de sa faute… Je crois qu’elle a besoin de ses parents. Je… Allô ? Allô ?
Dont acte. Luc a une tête de cochon, il ne changera pas d’idée tout de suite. Le temps aidera sûrement, mais ça risque d’être long.
« Il m’a raccroché au nez. J’ai quand même eu le temps d’entendre Laure crier qu’elle voulait me parler, peut-être que ce sera plus facile avec elle. Je pense que de ce côté-là, il ne faut pas insister et laisser venir. »

« Laisser venir, ça veut dire qu’on la garde chez nous ? »

« Je ne la laisserai pas tomber. On a toute la place qu’il faut et on verra avec elle comment elle voit son avenir. Elle a lâché la fac, mais est-ce qu’elle a validé sa deuxième année de droit ? Je ne pense pas que ce soit bon qu’elle passe un an sans rien faire. »

« Attends, il faut lui demander d’abord si elle a des projets, après on examinera les possibilités. Il y a autre chose. Je suis OK pour l’aider. Sauf qu’on a tous les deux couché avec, qu’est-ce qu’on fait si elle veut recommencer ? Sachant que tant qu’elle n’en parle pas, je ne ferai aucune approche. Qu’en penses-tu ? »

« Je suis d’accord. Pas de proposition de notre part. Sauf que tu as raison, elle pourrait bien avoir envie de recommencer. Elle a de sacrés besoins, au niveau sexe… Et malgré sa maigreur, qu’elle est belle ! »

« Elle t’a émue ? »

« Oui, je ressens un curieux mélange d’amour maternel et d’excitation sexuelle. Je crois que là aussi, il faut laisser venir. Pour moi, je ne me sens pas l’envie de vivre un couple à trois au quotidien, toi, qu’en penses-tu ? »
Comme toi. Coucher ensemble exceptionnellement lors de sa venue le week-end, c’était une chose, vivre ensemble, c’en est une autre. Et pour sa grossesse ? »
« Faut vérifier les dates et beaucoup en parler avant de prendre une décision. C’est elle qui sera juge. »
La voix de Léa nous prend par surprise.
« J’ai déjà pris ma décision. Je ne connais pas la marche à suivre, c’est tout. Bonjour à vous. »
« Bonjour ma belle. As-tu bien dormi ? »

« Oui, grâce à vous deux, j’ai enfin pu dormir sans mauvais rêve. »

« Que prends-tu au petit-déjeuner ? »

« Comme vous, je ne vais pas faire de complication. »

« Si tu t’installes ici, comme on veut te le proposer, il faudra qu’on connaisse tes goûts. »

Je préfère qu’elle ait déjeuné avant d’avoir une discussion plus avancée.
« Mange. On parlera de tout ça plus en détail après, d’accord ? »

« OK, j’ai très faim en plus. »

Elle dévore un petit-déjeuner tout ce qu’il y a de standard, on range la cuisine et on s’installe dans les grands canapés du salon. Marie-Claude lance un feu dans la cheminée, la température est confortable et dehors, s’il semble faire froid, l’air est transparent, très lumineux, il fait beau. Je regarde Léa.
« Veux-tu que nous parlions de tout ça maintenant ? »

« Oui, je suis venue à vous surtout pour avoir vos conseils. Aussi pour trouver un point de chute le temps de reprendre ma respiration. Mon urgence est de faire une rupture avec la vie dans laquelle je me suis laissé entraîner et de reprendre les choses en main. Je ne suis pas là pour vous envahir sur la durée, mais si je peux rester une quinzaine de jours, j’aurais peut-être le temps de trouver une solution. Il faut d’abord que j’avorte, je ne veux pas avoir d’enfant né de la période que je viens de vivre. Et puis ce n’est pas un enfant, pour l’instant, à deux mois, ce n’est qu’un embryon à peine sorti de l’état cellulaire. Il ne faut pas attendre. »

Marie-Claude intervient.
« Tu dois être à la septième semaine, c’est ça ? Oui, donc ce sera un avortement chirurgical. On va aller demain au planning familial, tu sauras tout sur ce qui t’attend. Il faut aller vite pour ne pas dépasser les dates limites. Tu es sûre de ce que tu veux faire ? Tu sais, Michel et moi avons essayé longtemps d’avoir un deuxième enfant, on a jamais pu. Tu es sûre de ne pas regretter la perte de celui-là ? Tu oublieras ce que tu as vécu, mais avoir un enfant, c’est tellement fort.
« Jamais, je ne pourrais pas porter cet enfant, j’ai peur qu’il me fasse horreur. Il sera toujours l’image vivante de la dégradation que je me suis infligée. Jamais. Il ne faut pas… »

« Calme-toi ma chérie, c’est ton choix, personne ne peut mieux que toi comprendre tes motivations. Il est juste normal et nécessaire qu’on te parle de tout ça. Quoi que tu choisisses, nous te soutiendrons. »

« Comment vais-je pouvoir vous remercier ? »

« Sans vouloir éliminer tes parents, je dirais qu’actuellement, tu es un peu isolée. Nous sommes prêts à t’aider de notre mieux à reconstruire ta vie. »

« Je ne sais pas quoi dire. Je vous aime tous les deux. »

J’interviens :
Nous souhaitons te traiter comme si tu étais notre fille, pas comme notre amante, je crois qu’il serait malsain que nous couchions ensemble pour l’instant. Quand tu seras sortie d’affaire, que ta vie sera remise dans de bons rails, on en reparlera si tu le souhaites. Actuellement, je pense que tu as besoin d’aide et que nous rêvons de soutenir notre fille. Si tu as des besoins sexuels, pour parler cru, rien ne t’empêche de sortir et de trouver des petits copains. Qu’en penses-tu ? »

« Je crois que je n’aurais pas d’envie avant un bon moment, surtout après l’avortement. Je vous suis infiniment reconnaissante. »

La sonnette de l’entrée retentit.
Il ne manquerait plus que ce soit Muriel.

« Non, elle a sa clé. »

Je me dirige vers la porte et j’ai la surprise en ouvrant, de voir Laure, les yeux écarquillés, me demandant pleine d’espoir :
« Bonjour Michel, je suis désolée de vous tomber dessus comme ça, mais c’est vrai, Léa est là ? Je peux la voir ? S’il vous plaît, demandez-lui d’accepter de me parler.

« Bonjour, Laure, entrez. Oui, Léa est là, je ne crois pas qu’elle refusera de vous voir. Venez. Léa? C’est ta maman, veux-tu la recevoir ? »
« Maman ? »

Léa bondi sur ses pieds et me bouscule presque pour se ruer dans l’entrée et sauter dans les bras de sa maman.
« Oh, maman, comme tu m’as manqué ! »

« Ma pauvre petite fille, quand je pense que ton con de père voulait m’interdire de te revoir ! Que je suis heureuse de te savoir ici.
Elle la serre contre elle de toutes ses forces, les retrouvailles sont émouvantes.
« Venez dans le salon, on va pouvoir s’y installer. Vous nous pardonnez d’être encore en pyjama ? »

« Ne soyez pas ridicules, j’envahis votre maison sans avertissement, c’est à moi de vous présenter des excuses. »

Elles s’assoient ensemble sur le canapé. Laure a des larmes plein les yeux.
« Ce qui m’inquiète, c’est l’attitude de Luc. Je pensais qu’après cette grande colère, nous arriverions à discuter, mais non, monsieur est trahi, il reste perché sur ses grandes attitudes et nous passons notre temps à alterner arguments et colère. J’ai profité de sa dernière sortie à vélo de l’année avec ses amis pour venir, mais je ne souhaite pas le provoquer, je ne vais pas rester longtemps. Je ne comprends pas, il me semblait accessible à la compréhension, mais là, le blocage est complet. On est allés jusqu’à des menaces de divorce ! Je n’abandonnerai pas ma fille, même si elle s’est mal conduite. De toute façon, on ne sait pas ce qu’il s’est passé, alors on ne peut pas juger sans savoir. C’est ce salaud de Lurieux, un de ses potes du travail. Il passe son temps à regarder des vidéos pornos sur internet. Il a reconnu Léa dans un film et il a prévenu tous ses collègues ! Ils t’ont tous regardée, ma pauvre petite fille, avant d’aller chercher Luc. Évidemment, il a juré que ça ne pouvait pas être toi, mais les autres te connaissent et Lurieux est allé chercher ta photo sur le bureau de ton père. Luc n’a pas pu tout me raconter, mais il va mettre du temps à s’en remettre. Il pense même à changer de travail, c’est dire ! »

Je réagis :
« Ça explique son attitude de rejet actuelle. Il faut espérer que ça ne durera pas trop longtemps. Mais vous, pourrez-vous vous occuper de Léa ? S’en occuper, c’est beaucoup dire, elle a besoin de soutien, d’être logée et remise dans les meilleures conditions pour réorganiser sa vie. Et puis il y a quelque chose que vous ne savez pas, n’est-ce pas Léa ? »

« Oui, tu le sauras de toute façon, je suis enceinte, maman, et je vais avorter. »
« Quoi ? Non ! Il ne faut pas ! Tu dois le garder. Je t’aiderai. Même si je ne sais pas comment faire, je ne travaille pas régulièrement, mais j’ai un peu d’argent de côté, je vais te le donner. Ça ne suffira pas pour élever un petit, ni pour prendre un appartement… Quel con, ce Luc !

« Maman, cet embryon, il n’a pas été voulu. C’est le résultat d’une capote qui a dû craquer lors d’un tournage de porno. C’est le pire de ce que j’ai vécu et que je veux oublier. En plus, pour refaire ma vie, ce sera déjà assez difficile sans avoir un môme sur les bras, un môme que je ne pourrais pas aimer. Tu veux ça ? Ce n’est rien aujourd’hui, je n’en veux pas. »

« Je te le garderai. »

« Avec papa ? Il va être ravi. De ce côté-là aussi, s’il n’en sait rien, ce sera plus facile. »

« Mon Dieu ! Mais qu’est-ce que tu vas faire, où tu vas vivre ? Tu vas retourner dans ta communauté ? »

« Sûrement pas, ce sont eux qui m’ont prostituée dans ces films. Je n’y retournerai jamais. Non, mais Marie-Claude et Michel m’ont proposé de vivre un moment chez eux, comme invitée. »

Marie-Claude prend la parole.
« Non, pas comme invitée, comme habitante de la maison. Il n’est pas question de remplacer les parents de Léa, votre présence est fondamentale, pour elle. Mais actuellement, nous pouvons pallier l’absence momentanée de son père et nous occuper d’elle comme si elle était notre fille à nous aussi. J’insiste, pas question de prendre la place de ses parents, juste de la laisser panser ses plaies dans le calme de cette maison, pour décider de son avenir. Nous aimons beaucoup Léa, la séparation avec Gilles, l’ex de Muriel, n’a rien changé à notre affection, pour nous, ce n’est pas une contrainte, c’est un plaisir. »

« Ma pauvre petite fille. Quand je pense que je ne peux même pas en parler avec son père. Il finira par changer d’avis quand tout se sera tassé. »

Nous avons mis les choses à plat avec Laure, elle est repartie désolée de la décision de sa fille d’avorter, mais rassurée de la savoir en sécurité chez nous et de pouvoir venir la voir dès qu’elle le pourrait. Léa va déjà mieux, c’est évident, le soutien de sa mère est si fort que Laure va jusqu’à menacer son homme de divorcer, quand même ! Nous avons examiné avec Léa les possibilités qui s’offraient à elle. Elle souhaite travailler, attendre l’année scolaire prochaine pour reprendre la fac et rester chez nous en attendant que son père ne revienne de meilleurs sentiments. Nous lui avons proposé de ne pas travailler à temps plein. Il est possible d’aller à la fac de droit en auditeur libre, elle pourrait ainsi recommencer sa formation à Nancy, mais en allant au bout de son cycle. Ainsi, elle pourrait mieux se préparer pour l’année prochaine. Pour ça, on ne peut pas l’empêcher de travailler pour se faire de l’argent de poche, mais il ne faut pas qu’elle soit à plein temps, elle ne pourrait plus étudier à côté.

Finalement, sa mère lui a payé un beau scooter 125 cm3. Léa a été ravie, ses problèmes de transports résolus, elle a pris contact avec le Mc Do le plus proche ou ils ont été très contents de recruter une équipière expérimentée et volontaire. Dès le quinze novembre, elle a repris le chemin de la fac, essayant de se raccrocher aux branches puisqu’il lui manquait quand même un bon mois et demi de cours. Après avoir réglé le problème de sa grossesse, on a senti une jeune fille libérée, prête à mordre dans une nouvelle vie et qui a fait preuve d’une capacité de travail qui nous a bluffés. En un mois, elle a repris du poids et sa beauté est redevenue rayonnante comme si rien n’était arrivé. Elle est évidemment sollicitée à la fac par des garçons curieux de savoir d’où sort cette merveille. Léa, elle, se sent très bien dans la pose sentimentale qu’elle vit et commence à bien s’intégrer dans un groupe de filles avec qui le contact passe bien et qui lui ont permis de revoir les cours de la période qu’elle a manquée. Elles sortent de temps en temps entre filles et Léa s’épanouit et va de mieux en mieux. Deux problèmes restent en suspens, les relations avec son père, toujours au point zéro, et la réaction de Muriel qui n’est toujours pas au courant de notre nouvelle vie avec Léa à la maison.

Muriel, justement se rappelle à nous en nous téléphonant peu avant Noël pour nous expliquer qu’il ne passerait pas les fêtes de fin d’année avec nous. Nous exprimons notre déception, chez nous, Noël est en général en famille et le Premier de l’an avec des amis. Elle est invitée pour la fin d’année chez les parents de Jade, elle ne reviendra à Paris que pour la reprise des cours et n’est pas sûre de pouvoir venir à Saint Dié.

Notre programme est plus classique, nous restons chez nous avec Léa pour le réveillon de Noël et nous partons à Bègles pour le Premier de l’an. L’an dernier, c’était chez nous. Elle nous donne de bonnes nouvelles de ses études et parle peu de Jade. À une question directe de sa mère, elle lâche quand même qu’elle est extrêmement possessive et jalouse. Elle n’a jamais eu l’habitude d’être surveillée comme ça, et surtout, quand elle le questionne, que ses réponses soient systématiquement mises en doute. Commentaire de Marie-Claude après l’appel :
« Je crois que ça ne fait que commencer, je ne les vois pas rester ensemble très longtemps.

J’ai la surprise de voir Léa assise dans son fauteuil, tout pâle d’émotion d’avoir entendu la voix de Muriel dans le haut-parleur. Je crois qu’elle l’aime encore ; ayant eu une relation saphique pendant quelques semaines. Avec tout ça, elle ne sait toujours pas que Léa vit avec nous. On verra.

Léa n’est pas venue à Bègles avec nous, au grand regret de Noël, surtout, qui semblait se faire une joie de pouvoir s’occuper d’elle. Je crois qu’elle n’est pas prête, tout simplement. À notre retour, la maison est vide, mais nous trouvons un mot sur la table du salon pour nous prévenir qu’elle passe le week-end avec des copines en centre-ville. Nous sommes bien contents qu’elle n’ait pas passé le Premier de l’an toute seule. Elle ne revient que le lundi soir, très satisfaite de sa virée avec ses copines.
« On a bu, on a mangé, on a dragué et finalement, on est restées entre nous. J’ai vu un paquet de mecs déçus ! C’était fun, on a bien rigolé.
L’avenir semble s’éclaircir, enfin.
À Suivre !

Comment avez-vous trouvé cet article?

Cliquez pour voter !

Appréciation Moyenne / 5. Total des votes :

Pas encore de vote. Soyez le premier à voter !

post

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire

Si vous avez une adresse GMAIL, je vous offre un premium contre un petit service. Mp ou lucie@xfr.fr Kissoux !

X
Politique de confidentialité
Privacy & Cookies policy
Cookie name Active
eu_cookies_bar
eu_cookies_bar_block
NOTRE POLITIQUE SUR LES COOKIES
En visitant notre site Web et en utilisant nos services, vous comprenez et acceptez la façon dont nous traitons les données personnelles conformément à notre politique de confidentialité. Nous respectons votre vie privée et le droit de contrôler vos données personnelles. Nos principes directeurs sont simples. Nous allons être ouverts avec quelles données nous collectons et pourquoi. Veuillez prendre un moment pour les lire. C'est important ! Les cookies sont de petites quantités d’informations stockées dans des fichiers au sein même du navigateur de votre ordinateur. Les cookies sont accessibles et enregistrés par les sites internet que vous consultez, et par les sociétés qui affichent leurs annonces publicitaires sur des sites internet, pour qu’ils puissent reconnaître le navigateur. Les sites Internet peuvent uniquement accéder aux cookies qu’ils ont stockés sur votre ordinateur.
En utilisant le Site Internet , vous consentez à l’utilisation des cookies déposés par notre Site. Le site Internet utilisent des cookies aux fins suivantes :
  • Usage du site : pour nous aider à reconnaître votre navigateur comme celui d’un visiteur précédent et pour enregistrer les préférences que vous avez déterminées lors de votre précédente visite sur le Site. Par exemple, nous pouvons enregistrer vos informations de connexion de sorte que vous n’ayez pas à vous connecter à chaque fois que vous visitez le Site ;
  • Réseaux sociaux : pour vérifier si vous êtes connectés à des services tiers (Facebook, Twitter, Google+…) ;
  • Ciblage : pour nous permettre de cibler (emailing, enrichissement de base) à postériori ou en temps réel l’internaute qui navigue sur notre Site ;
  • Mesure d’audience : pour suivre les données statistiques de fréquentation du Site (soit l’utilisation faite du Site par les utilisateurs et pour améliorer les services du Site) et pour nous aider à mesurer et étudier l’efficacité de notre contenu interactif en ligne, de ses caractéristiques, publicités et autres communications.
Vos Choix Concernant les Cookies et Balises Web Vous avez le choix de configurer votre navigateur pour accepter tous les cookies, rejeter tous les cookies, vous informer quand un cookie est émis, sa durée de validité et son contenu, ainsi que vous permettre de refuser son enregistrement dans votre terminal, et supprimer vos cookies périodiquement. Vous pouvez paramétrer votre navigateur Internet pour désactiver les cookies. Notez toutefois que si vous désactivez les cookies, votre nom d’utilisateur ainsi que votre mot de passe ne seront plus sauvegardés sur aucun site web. Pour plus d’informations relatives aux méthodes vous permettant de supprimer et de contrôler les cookies stockés sur votre ordinateur, consultez le site suivant : http://www.allaboutcookies.org/fr/ Comment configurer votre navigateur
  • Firefox :
    • 1. Ouvrez Firefox
    • 2. Appuyez sur la touche « Alt »
    • 3. Dans le menu en haut de la page cliquez sur « Outils » puis « Options »
    • 4. Sélectionnez l’onglet « Vie privée »
    • 5. Dans le menu déroulant à droite de « Règles de conservation », cliquez sur « utiliser les paramètres personnalisés pour l’historique »
    • 6. Un peu plus bas, décochez « Accepter les cookies »
    • 7. Sauvegardez vos préférences en cliquant sur « OK »
  • Internet Explorer :
    • 1. Ouvrez Internet Explorer
    • 2. Dans le menu « Outils », sélectionnez « Options Internet »
    • 3. Cliquez sur l’onglet « Confidentialité »
    • 4. Cliquez sur « Avancé » et décochez « Accepter »
    • 5. Sauvegardez vos préférences en cliquant sur « OK »
  • Google Chrome :
    • 1. Ouvrez Google Chrome
    • 2. Cliquez sur l’icône d’outils dans la barre de menu
    • 3. Sélectionnez « Options »
    • 4. Cliquez sur l’onglet « Options avancées »
    • 5. Dans le menu déroulant « Paramètres des cookies », sélectionnez « Bloquer tous les cookies »
  • Safari :
    • 1. Ouvrez Safari
    • 2. Dans la barre de menu en haut, cliquez sur « Safari », puis « Préférences »
    • 3. Sélectionnez l’icône « Sécurité »
    • 4. À côté de « Accepter les cookies », cochez « Jamais »
    • 5. Si vous souhaitez voir les cookies qui sont déjà sauvegardés sur votre ordinateur, cliquez sur « Afficher les cookies »
Save settings
Cookies settings