Christine Vasseur traversa la scène avec assurance, sous les applaudissements d’un public enthousiaste, tandis que l’orchestre jouait une version édulcorée d’une vieille chanson sensuelle. Ses cheveux blonds cascadaient élégamment sur ses épaules et dans son dos. L’animateur de l’émission, Claude Berger, l’attendait devant son bureau. Grand, séduisant, vêtu d’un costume sombre, il avait l’allure d’un gentleman d’un certain âge. Elle l’enlaça brièvement, effleurant sa joue d’un baiser.
« Tu es magnifique », murmura-t-il à son oreille.
« Merci », répondit-elle dans un souffle, un sourire éclatant pour les caméras.
Il la guida vers son fauteuil avant de regagner le sien derrière le bureau. Christine tenta de scruter la foule au-delà des projecteurs aveuglants, mais ne distingua que les cadreurs et producteurs en périphérie de la scène.
« Bienvenue ! » lança Claude une fois les applaudissements calmés, affichant un large sourire de show-business. « Permets-moi de le redire, tu es absolument ravissante. »
« Merci », répéta Christine, amusée.
« Tu es là pour parler de ton dernier film… » Il consulta ses fiches. « Premier Jet. »
« Exact », confirma-t-elle.
« Raconte-nous un peu de quoi il s’agit. »
« D’accord », dit Christine, se calant dans son siège. « C’est une comédie. J’incarne une jeune femme, un peu naïve, originaire d’une petite ville de province. Elle a grandi dans un milieu protégé, mais rêve de devenir écrivaine. Elle rencontre un auteur à succès, une sorte de célébrité, comme un Michel Houellebecq. » Elle pivota vers les caméras. « Il est joué par l’incroyable Marc Dufresne… »
Le public éclata en applaudissements.
« Un acteur fantastique », interrompit Claude. « Il est venu plusieurs fois ici. »
« Oui », reprit Christine, se tournant vers lui. « Marc me prend sous son aile, et en échange, j’accepte d’être son assistante personnelle pendant la tournée de promotion de son dernier roman. Il mène une vie de rock star, et moi, je suis cette jeune fille innocente, un peu dépassée, qui essaie de garder la tête froide. »
« Ça a l’air génial ! On a une séquence, c’est bien ça ? » demanda Claude. Un producteur au bord de la scène lui fit un signe approbateur. « Parfait, on a une séquence. Peux-tu nous la présenter ? »
« Bien sûr », répondit Christine. « Dans cette scène, Jacques Norton – le personnage de Marc – m’envoie, moi, Sarah, acheter un… médicament. Voici donc Sarah, en pleine mission. »
« Un médicament ? » répéta Claude, haussant un sourcil sceptique.
« Oui… » Christine lui adressa un sourire malicieux.
« D’accord… Voici Christine Vasseur en quête de médicament pour un écrivain. »
Les écrans basculèrent sur une scène du film. Une version bien plus timide et gauche de Christine abordait un groupe d’hommes sur un trottoir, tentant maladroitement d’acheter du cannabis. Les hommes la taquinaient, et elle, complètement hors de son élément, enchaînait les maladresses. Le public riait aux éclats, ce qui la rassura.
« Hé », dit Claude, se penchant vers elle. « On peut parler de ta dispute avec J.T. Cooper ? »
« Faut-il vraiment ? » répondit-elle, fronçant les sourcils.
« C’est partout dans les médias. Si je n’aborde pas le sujet, ça paraîtra bizarre. »
Avant qu’elle ne puisse répondre, la séquence se termina. Claude éclata soudain de rire, les caméras revenant sur lui.
« Haha ! C’était génial ! » s’exclama-t-il joyeusement. « J’ai hâte de voir le film. »
« Merci », dit Christine.
« Mais il y a autre chose qui circule dans l’actualité… Ta dispute publique avec le grand réalisateur J.T. Cooper. »
« Ce n’est rien, vraiment », minimisa-t-elle.
« Rien ? » s’étonna Claude, jouant la surprise. « Permets-moi de dire, ma chère, que tu lui as mis une sacrée raclée ! La vidéo est devenue virale sur Internet ! »
« Oui, je sais », admit Christine. « Je regrette d’avoir été violente. Mais j’ai présenté mes excuses, lui aussi, et on a tourné la page. »
« D’accord, mais parmi toutes les jeunes stars actuelles, tu as la réputation d’être posée, responsable. Pas comme certaines autres qu’on pourrait citer. » Une image fugitive apparut sur l’écran, mais Christine ne la vit pas. Claude marqua une pause pour laisser rire le public, puis reprit : « Qu’est-ce qu’il t’a dit pour te mettre dans cet état ? On dirait Mohamed Ali ! » Il mima quelques coups dans l’air.
























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